20/06/2021

Le doux commerce

Guy Marty
Par Guy Marty

Le commerce en magasin, qui résiste malgré la croissance du commerce digital, me fait penser à Montesquieu, et à ses nombreuses réflexions sur ce qu’on appelle le « doux commerce ».

À l’époque de Montesquieu, les drames étaient ceux de la violence politique et des guerres de religion. À une échelle et une intensité qu’on ne pourrait même plus imaginer aujourd’hui. Mais quand on se rencontre et qu’on achète ou qu’on vend, on met de côté les passions…

 

En réalité Montesquieu, puis les philosophes des Lumières après lui, ont tous insisté sur deux aspects du commerce. L’un négatif, la domination de l’argent sur les autres valeurs, et l’autre positif avec les échanges entre les individus.

Il faut être vigilant quand on lit les auteurs classiques. Pendant très longtemps, le mot « commerce » signifiait à la fois les échanges entre les personnes, on dirait aujourd’hui rendez-vous ou réunion ou rencontre, et les échanges de marchandises. Et le « commerce » désignait les deux à la fois.

 

Le mot s’est depuis spécialisé, pour désigner l’activité économique. Et le commerce, au sens d’un secteur économique, n’a cessé d’évoluer. Avec le commerce en ligne, vous avez l’échange de marchandises à l’état pur. C’est un progrès fantastique sous bien des aspects. Mais il n’y a plus de contact humain.

Ce qui nous ramène au commerce traditionnel…

Montesquieu nous dirait que c’est la rencontre qui fait que les gens se découvrent et qu’il y a une véritable société. Pour équilibrer les progrès du digital, il faut compenser, ce que nous faisons d’ailleurs tous instinctivement. D’où l’avenir aussi du commerce classique, où l’on se déplace.